« Je suis sensible… mais pourquoi suis-je toujours en alerte ? »
Beaucoup de personnes hypersensibles décrivent la même sensation :
un esprit qui anticipe sans cesse, un corps tendu, une vigilance permanente, même lorsque tout semble aller bien.
Elles disent souvent :
- « Je ressens tout trop fort »
- « Je pense tout le temps »
- « Je n’arrive jamais vraiment à me détendre »
Et une question revient :
Est-ce de l’hypersensibilité… ou de l’anxiété ?
La réponse est rarement binaire. Les deux peuvent coexister, s’influencer, parfois se confondre.
Anxiété et hypersensibilité : deux fonctionnements distincts, mais liés
L’hypersensibilité correspond à un trait de fonctionnement : une perception fine, profonde et intense des stimuli émotionnels, sensoriels et relationnels.
L’anxiété, quant à elle, est un état d’activation du système nerveux, marqué par :
- l’anticipation,
- l’inquiétude,
- la peur diffuse,
- la difficulté à relâcher la vigilance.
Chez une personne hypersensible, cette activation peut être plus fréquente, non parce qu’elle est fragile, mais parce que son système nerveux capte davantage d’informations… et reste plus facilement en alerte.
Pourquoi l’hypersensibilité favorise l’anxiété
Chez beaucoup de personnes hypersensibles, on retrouve :
- une hypervigilance émotionnelle,
- une attention constante à l’environnement,
- une forte conscience des signaux internes (pensées, sensations, émotions).
Lorsque cette vigilance devient permanente, le système nerveux peut rester bloqué en mode protection.
Ce n’est pas un défaut de caractère.
C’est souvent le résultat :
- d’un besoin de sécurité non satisfait,
- d’une histoire personnelle marquée par l’adaptation,
- d’un manque d’espaces où l’on a pu être pleinement soi.
Comment se manifeste cet état d’alerte intérieur ?
L’anxiété chez les personnes hypersensibles ne ressemble pas toujours à des crises spectaculaires. Elle peut être silencieuse, diffuse, installée dans le quotidien.
Elle se manifeste par exemple par :
- des pensées envahissantes ou circulaires,
- une difficulté à « décrocher » mentalement,
- une tension corporelle chronique,
- une fatigue émotionnelle,
- une sensation de fond d’inquiétude, sans cause précise.
Beaucoup vivent ainsi longtemps sans mettre de mots sur ce qu’ils traversent.
Apaiser l’état d’alerte : des stratégies concrètes
1. Comprendre que l’anxiété n’est pas l’ennemie
L’anxiété est une tentative du système nerveux de protéger.
La combattre frontalement augmente souvent la tension.
La première étape consiste à changer de regard :
« Mon corps essaie de me protéger, même s’il le fait de façon excessive. »
Cette compréhension apaise déjà une partie du conflit intérieur.
2. Passer par le corps pour calmer l’esprit
Quand l’esprit s’emballe, le raisonnement seul ne suffit pas.
Des actions simples mais efficaces :
- ralentir la respiration (expiration plus longue que l’inspiration),
- sentir ses appuis (pieds, dos, mains),
- créer une sensation de contenant (plaid, chaleur, posture sécurisante).
Le message envoyé au corps est clair : le danger n’est pas là.
3. Accueillir les pensées sans les suivre
Les pensées anxieuses demandent rarement une réponse immédiate.
Une approche plus apaisante consiste à :
- reconnaître la pensée (« je remarque que je m’inquiète »),
- ne pas la juger,
- revenir à l’instant présent.
Ce n’est pas faire disparaître les pensées, mais réduire leur pouvoir.
4. Respecter ses besoins d’hypersensible
Beaucoup d’anxiété disparaît lorsque les besoins fondamentaux sont respectés :
- temps de récupération,
- solitude choisie,
- rythme plus lent,
- environnement apaisant.
Ces besoins ne sont pas négociables. Ils sont structurants.
5. Mettre du sens sur ce que l’on vit
Comprendre son fonctionnement change profondément la relation à soi.
Mettre des mots sur :
- son hypersensibilité,
- son anxiété,
- son histoire émotionnelle,
permet de sortir de la culpabilité et du flou.
Quand se faire accompagner devient utile
Parfois, malgré les stratégies mises en place, l’état d’alerte persiste :
- l’anxiété reste envahissante,
- la fatigue émotionnelle s’installe,
- le quotidien devient lourd à porter.
Un accompagnement thérapeutique permet alors :
- d’explorer les racines de cette vigilance,
- d’apprendre à réguler le système nerveux,
- de sécuriser la relation à son monde intérieur,
- de transformer l’hypersensibilité en ressource stable.
Conclusion – Retrouver de l’espace intérieur
Être hypersensible et anxieux ne signifie pas être condamné à vivre en tension permanente.
Cela indique souvent un besoin profond de sécurité intérieure.
Apaiser l’état d’alerte, ce n’est pas devenir moins sensible.
C’est apprendre à vivre avec plus de douceur, de clarté et de stabilité.
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